
Voici les lois de notre bulle
Nous avons chacun la nôtre. C’est elle qui définit notre distance aux autres, amis, famille, collègues. Les neuroscientifiques découvrent aujourd’hui que notre bulle intime bouge, sous l’effet de l’âge, de la maladie et même du climat.
La frontière invisible de notre bien-être, c’est elle. Une sorte de bulle inconsciente qui flotte autour de nous, nous enveloppe en permanence et qui s’adapte à nos interactions sociales, des plus formelles aux plus intimes. “Dans n’importe quel contexte social, les gens interagissent en maintenant une certaine distance physique les uns avec les autres”, pose la neuropsychologue Olga Dal Monte, à l’université de Turin. Et toute violation de cette zone de confort déclenche sans attendre un malaise, voire une peur, qui nous incite à échapper au plus vite à l’intrus.
Cette bulle, on la connaît depuis longtemps ; elle a été décrite comme plus ou moins figée, ne répondant qu’à quelques normes sociales et culturelles. Jusqu’à ce qu’il y a une dizaine d’années, des chercheurs en psychologie et en neurosciences découvrent que loin d’être statique, cet espace intime fait au contraire preuve d’un dynamisme individuel et situationnel à toute épreuve. Âge, sexe, grossesse, angoisse, maladie, douleur le modulent en permanence…