@GETTY IMAGES
Ces machines qui refusent de mourir
Ce sont des sondes lâchées dans l’espace, des rovers oubliés sur une planète… Leur mission est terminée, leur durée de vie largement dépassée, et pourtant, ils continuent d’émettre de petits bips intermittents et obstinés.
Difficile de ne pas penser à Wall-e, le petit robot du film d’animation qui arpente inlassablement notre planète désertée. Envoyées seules dans l’espace il y a 10, 20, 40, voire 50 ans, certaines machines continuent à faire leur travail, vaille que vaille, bien plus longtemps que ce qu’on leur avait demandé. Et depuis leur salle de contrôle ou leur labo, les ingénieurs captent fébrilement les infimes bips de ces rovers, de ces sondes, ces satellites, ces télescopes qui refusent de mourir avec une émouvante obstination.
“Nous nous attachons beaucoup à nos engins, nous les concevons, nous veillons à leur santé et à leur sécurité. Ils font partie de notre famille”, partage Kathya Garcia, responsable à la NASA de Curiosity, le rover solitaire qui crapahute à la surface de Mars depuis bientôt 14 ans – et qui a justement un petit air de Wall-e. “Nous avons une relation particulière, enchaîne affectueusement Valérie Mousset, en charge de ses instruments. On l’accompagne tous les jours, on lui apprend de nouvelles choses… Pour nous, c’est comme un enfant.” “Nous pilotons chaque sonde avec la même attention que pour un ami cher”, rebondit Linda Spilker, responsable des deux sondes Voyager parties depuis 49 ans à la conquête de l’ailleurs. “Lorsqu’on a suivi la conception d’un instrument pendant 10 ou 20 ans, il y a un lien émotionnel qui se crée avec ce tas de ferraille”, témoigne lui aussi Frédéric Auchère, directeur de l’Institut d’astrophysique spatiale, en pensant au satellite Soho, en orbite autour du Soleil depuis 30 ans.