illustration du casse-tête des nombres premiers dans le hors-série epsiloon n°20

Face au hasard: le mystère des nombres premiers

Un article à retrouver dans

C’est étonnant, déroutant, vertigineux, paradoxal, mais c’est comme ça : personne ne peut dire jusqu’à quel point la répartition ou l’écriture des nombres premiers est régie par le hasard. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer…

par Clémentine Laurens,

Epsiloon vit grâce à ses lecteurs: abonnez-vous au magazine pour soutenir un journalisme scientifique indépendant.

C’est un casse-tête qui rend fou depuis des siècles. 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 17… La litanie des nombres premiers est parfaitement déterministe, au sens où leur définition – des entiers positifs qui ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes – ne fait aucunement appel à la notion de hasard. Pourtant, elle semble parfaitement désordonnée, aléatoire. Une conséquence directe de leur définition est qu’à deux exceptions près (le 2 et le 5), les nombres premiers se terminent tous par un 1, un 3, un 7 ou un 9, une propriété très structurante. Mais on sait aussi que si l’on pioche au hasard un très grand nombre premier, son dernier chiffre a statistiquement autant de chances d’être un 1 qu’un 3, un 7 ou un 9… “Des énoncés comme cette propriété traduisent l’idée qu’il n’y a pas d’ordre caché dans les nombres premiers, pas de biais qui ferait qu’on en trouverait davantage à tel ou tel endroit dans l’ensemble des entiers”, explique Joël Rivat, chercheur à l’université d’Aix-Marseille. 

Soutenez un magazine scientifique indépendant

Abonnez-vous à partir de 4,90€ / mois sans engagement et accédez à tous nos numéros

Soutenez
un magazine scientifique indépendant

Abonnez-vous à partir de 4,90€ / mois sans engagement et accédez à tous nos numéros

C’est presque un paradoxe, comme l’expliquait en 2007 le mathématicien australien Terence Tao dans un célèbre texte intitulé “Structure and Randomness” (“Structure et hasard”) : “Les nombres premiers forment un ensemble hybride, qui présente à la fois de la structure et de l’aléa. Cet ensemble est parfaitement déterministe, mais il est clair qu’il se comporte aussi d’une manière ‘pseudo-aléatoire’.” Un paradoxe d’autant plus entêtant que ce sont les atomes de l’un des champs les plus anciens des mathématiques. 

Abonnez-vous et ne manquez aucun numéro
Chaque mois,dans votre boîte aux lettres
Toutes les archives,accessibles en ligne
La version numérique,avec l'appli Epsiloon
Un espace abonné,pour gérer mon compte