
Exoplanètes : sol en vue !
Elles s’appellent Trappist-1 b et LHS 3844 b. Ce sont deux petites exo-Terre qui gravitent à des dizaines d’années-lumière, et dont les astrophysiciens entrevoient pour la première fois les sols. Presque comme si on y était.
Ça y est. Ils y sont ! Pile trente ans après la découverte de la première planète autour d’une autre étoile que le Soleil ; après des années à accumuler des milliers de détections sans rien pouvoir déduire ou presque de leur nature ; après avoir sondé les atmosphères des plus grosses et des plus chaudes, les géantes gazeuses… Enfin, ça commence : les astrophysiciens arrivent à la surface des petites exoplanètes rocheuses, explorent le sol de ces cousines de la Terre qui tournent autour d’autres soleils, à quelques dizaines d’années-lumière. “C’est tout simplement incroyable de commencer à récolter des informations sur ces surfaces, s’enflamme Elsa Ducrot, au CEA et à l’observatoire de Meudon. Même si, attention, on ne voit pas les planètes elles-mêmes, car elles sont beaucoup trop petites ! On ne peut qu’analyser leur lumière quand elles passent devant ou derrière leur étoile.” Un point de lumière ici. Un spectre lumineux là. Et puis des mois de calculs, d’hypothèses, de comparaisons avec des roches connues pour en déduire les matériaux dont elles pourraient être faites. “On est au début de la géologie des exoplanètes”, insiste l’astrophysicienne. Sebastian Zieba, astrophysicien à Harvard, renchérit : “Oui, on peut dire que nous faisons vraiment de l’exogéologie, de la géologie sur les exoplanètes.”