
“Non, les zones bleues n’existent pas”
Ikaria en Grèce et Okinawa au Japon, des villages de Sardaigne, la péninsule de Nicoya, au Costa Rica, et Loma Linda, en Californie : ces zones abritent un taux record de supercentenaires. Sauf que pour le chercheur en sciences sociales Saul Newman, ce ne sont que des mirages.
Epsiloon : Vous remettez en cause les analyses démographiques qui pointent l’existence de ces zones bleues ?
Saul Newman : Absolument. Elles s’appuient sur des documents qui n’offrent aucune garantie d’exactitude. J’ai épluché les données sur les vieillesses extrêmes à partir des registres centraux de la population et de bases de données validées sur les supercentenaires aux États-Unis, en France, au Japon, en Angleterre et en Italie… Les problèmes sont sans fin ! Il y a énormément de malfaçons. En 1997, on a découvert que 30 000 Italiens qui réclamaient une pension étaient décédés. En 2008, on s’est aperçu que 42 % des Costariciens de plus de 99 ans avaient « mal déclaré » leur âge lors du recensement de 2000. En 2010, plus de 230 000 centenaires japonais ont été déclarés disparus, imaginaires, mal enregistrés ou décédés : un taux d’erreur de 82 % pour des données considérées à l’époque parmi les meilleures au monde ! Et en 2012, en Grèce, on a découvert qu’au moins 72 % des centenaires déclarés dans le recensement étaient morts ou, selon le point de vue, en train de frauder… Une fois ces erreurs corrigées, il n’en restait plus que 13 sur Ikaria et Samos…