
Nucléaire : la première centrale au thorium
Elle a fonctionné pendant dix jours ! La prouesse des ingénieurs chinois pourrait signer le retour en grâce de cette technologie de centrale nucléaire alternative, censée être plus sûre et plus propre.
Nous sommes le 8 avril à Shanghai et Xu Hongjie vient d’annoncer le lancement réussi de la première centrale nucléaire au monde fonctionnant au thorium. “Nous sommes enfin parvenus à nous hisser à la pointe mondiale”, exulte le responsable du programme, devant un parterre de scientifiques à l’occasion du 11e Forum patriotique de la branche locale de l’Académie chinoise des sciences. C’est le point d’orgue d’un vaste projet. En octobre 2023, un réacteur expérimental bâti dans la province du Gansu, à Wuwei, aux portes du désert de Gobi, a atteint sa première réaction en chaîne nucléaire, sa première “criticité” ; en juin 2024, il est arrivé à pleine puissance et a produit 2 MW d’énergie thermique, non convertie en électricité ; et en octobre 2024, le réacteur a tourné pendant dix jours sans interruption à puissance maximale. Des analyses en bout de chaîne ont révélé la présence de protactinium 233, un produit intermédiaire de la transformation du thorium en uranium 233, preuve pour les équipes chinoises que le pays détient le “premier réacteur complet et opérationnel à sels fondus au thorium”.