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Le casse-tête de la chasse
C’est peu dire que le sujet est épidermique. Encore ces derniers mois, associations écologistes et fédérations de chasse se sont affrontées au sujet du cas particulier des oiseaux migrateurs. Voici un panorama du débat.
La chasse est une forte tradition en France. 963 571 chasseurs ont validé leur permis en 2022-2023, contre 609 500 en Italie, 596 000 en Espagne, 460 000 en Allemagne… La France est l’un des pays européens qui compte le plus de chasseurs par rapport à sa population. Mais leur nombre ne cesse de baisser depuis 1970, et cette population est vieillissante. On estime qu’il restera moins de 750000 chasseurs en France dans 20 ans.
À l’heure actuelle, 89 espèces sont chassables en France. Dont les sangliers (69 %) ; le petit gibier de plaine (65 %) ; les chevreuils (64 %) ; puis les oiseaux de passage (48 %)…
Sauf qu’il n’y a plus de suivi systématique officiel depuis 2014 pour le petit gibier à l’échelle nationale. Les associations d’écologistes dénoncent abus et manque de transparence. Et estiment qu’entre 25 et 38 millions d’animaux auraient été abattus en 2021-2022.
Cette pratique s’accompagne de pollution et d’accidents. Après une baisse continue, ces derniers repartent à la hausse depuis 2 ans. On a dénombré 100 accidents en 2024-2025, dont 11 mortels, 60 graves, 32 légers. 84 % des victimes étaient des chasseurs. Et si sur les 20 dernières années l’alcool était en cause dans 8,3 % des accidents, ce n’était plus que 3,3 % en 2024-2025. Sauf que les chiffres paraissent sous-estimés au vu des données scientifiques internationales…