article du magazine scientifique d'actualité epsiloon sur la mécanochimie@ILLUSTRATION Y.DIRAISON À PARTIR DE SHUTTERSTOCK ET GETTY IMAGES

Le grand retour de la mécanochimie

Oui, dans les meilleurs laboratoires du monde, on recommence à pilonner, casser, broyer. Une chimie sans solvant, plus verte, qui est en train de révolutionner la conception de matériaux, de médicaments, de batteries électriques…

par Valérie Greffoz,

Mécanochimie. Le mot paraît un brin désuet, tout droit sorti du XIXe siècle. Qui pourrait penser qu’aujourd’hui on se serve de nouveau d’un marteau et d’un pilon dans les meilleurs laboratoires du monde, là où on synthétise des polymères, recycle des composés fluorés, fabrique des composants de batteries électriques ? Qu’on y joue de la broyeuse à billes ou de l’extrudeuse, des machines que l’on a plutôt l’habi­tude de trouver dans l’industrie minière ou dans l’agroalimentaire pour fabriquer les pâtes ? Et qu’à l’intérieur de ces machines, qui agitent des petites billes métalliques ou les font passer dans une vis sans fin, les scientifiques broient, abrasent, mixent des poudres pour en fabriquer d’autres, avec la curiosité et l’enthousiasme de ceux qui sont en train d’explorer les process chimiques des prochaines décennies ?

Des enjeux énormes

“C’est vrai que dans la tête des gens, un chimiste est quelqu’un qui manipule des fioles remplies de liquides. Regardez, même sur le t-shirt de notre département de chimie, il y a un flacon !, s’amuse Audrey Moores, professeure de mécanochimie à l’université McGill de Montréal. Et pourtant, la première chimie qu’a sans doute pratiquée l’être humain était sans liquide. Pour faire du feu, il a frotté des bouts de bois ensemble, tapé avec des silex sur du minerai de fer. C’était de la mécanochimie.” Frédéric Lamaty, expert en mécanochimie à l’université de Montpellier rebondit : “Prenez la première réaction rapportée en -315 par Théophraste d’Eresos dans son traité Les Pierres : il a broyé avec un pilon et un mortier une poudre rouge – des sels de mercure – pour obtenir un liquide argenté – du mercure métallique –, une réaction très impressionnante. Encore de la mécanochimie !”

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Un article à retrouver dans Epsiloon n°56
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