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À la recherche du premier baiser
Une quête frivole ? Anecdotique ? Pas si sûr. Toute une communauté de chercheurs se passionne pour le baiser – oui, celui romantique avec la langue. Et c’est communicatif.
Deux colloques organisés à Londres en 2024 et 2025. Un numéro spécial de la revue scientifique Evolution and Human Behavior qui vient de paraître. Un flot croissant de nouvelles études, souvent relayées dans les médias grand public… Le baiser amoureux est devenu un thème de recherche à la mode. Un thème surprenant, romantique, un peu aguicheur aussi – le sujet est vendeur, avouons-le. “C’est surtout un sujet très difficile à étudier, qui a été trop longtemps négligé : personne ne voulait jusqu’à présent se pencher sur ce comportement bizarre”, lâche Matilda Brindle, post-doctorante à l’université d’Oxford. Aujourd’hui, une bonne dizaine d’historiens, d’anthropologues, de primatologues et de microbiologistes s’acharnent à retracer les origines de ce geste intime.
À vrai dire, tout reste à faire dans ce nouveau domaine de recherche. À commencer par trouver la définition la plus rigoureuse possible du baiser romantico-sexuel avec la langue, autrement dit du French kiss. Qu’il ne faut pas confondre avec les bises amicales sur la joue, les gros bisous affectueux d’une maman sur le front d’un bambin ou les bises teintées de respect entre mafieux, auxquels s’intéressent d’autres chercheurs. Sachant aussi que nombre d’animaux effectuent des gestes qui ressemblent à de fiévreuses galoches, mais que l’on peine à interpréter ; une étude parue l’été dernier révélait par exemple le cas de deux orques aperçues en train de se mordiller la langue dans un fjord norvégien.