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Les petits mondes de Kuiper
Elles s’appellent Eris, Sedna, Makémaké, Mani, Quaoar. De simples pixels dans l’œil des télescopes, mais c'est assez pour commencer à les décrire. Rencontre avec les petites planètes glacées qui orbitent au-delà de Neptune.
Makémaké, Eris, Quaoar, Sedna, Hauméa, Máni, mais aussi Gonggong, Orcus, Varuna, Salacia, Ixion, Alicanto, Achlys… Ces noms tirés de diverses mythologies semblent évoquer des exoplanètes de science-fiction ; ils désignent en réalité officiellement des mondes de notre Système solaire. Des petites planètes de plusieurs centaines de kilomètres de diamètre, bien réelles, mais passées longtemps inaperçues en raison de leur orbite très lointaine, au-delà de la géante Neptune, au niveau de la ceinture de Kuiper. “Même avec les plus puissants télescopes actuels, elles n’apparaissent que sous la forme d’un pixel”, signale Jean-Marc Petit, qui les traque depuis un observatoire installé sur un sommet d’Hawaï. À ce jour, environ 5 000 objets transneptuniens de tailles variées ont été détectés. “L’ouverture de l’observatoire Vera Rubin au Chili devrait permettre d’en détecter 30 000 de plus, pour l’essentiel dès cette année”, s’enthousiasme Mike Alexandersen, du Centre des planètes mineures ; on peut même s’attendre à la découverte imminente de 5 000 planétoïdes de plus de 100 km de diamètre. Même si les plus grands et les plus sphériques d’entre eux n’auront droit qu’au titre assez peu reluisant de “planètes naines” – le terme “planète” étant réservé aux objets qui ont fait le vide sur leur orbite –, ces perspectives incitent à porter un nouveau regard sur la banlieue de notre Système.