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Vive la fièvre !
Elle n’est pas un effet secondaire de la maladie, mais un mécanisme de défense ancestral ! Elle contrôle l’inflammation, booste l’immunité, agit sur les blessures… Oui, il est temps de se réconcilier avec la fièvre.
On la traque chez nos enfants, on la redoute chez nous… Mais ces dernières années, des salves de publications scientifiques démontrent ses vertus. Si bien que pour ses défenseurs, elle n’est pas un symptôme, encore moins un effet secondaire de la maladie, mais un mécanisme ancestral de défense qu’il faut respecter à tout prix au cours des premiers jours d’une infection, qu’elle soit bactérienne, fongique, parasitaire ou virale.
Vive la fièvre ? En un sens, on s’en doute depuis longtemps. Les immunologues savent que ces pics de chaleur servent d’adjuvant à la réponse immunitaire. Les spécialistes de l’évolution ont retracé sa présence depuis 600 millions d’années chez tous les animaux sans exception. Lorsqu’ils sont attaqués par un pathogène, les lézards, les amphibiens, les poissons, qui ne peuvent moduler leur température interne, utilisent une voie détournée en se ruant vers les environnements chauds pour imposer 2 à 3 °C de plus à leur métabolisme – on parle de fièvre comportementale. Et chez nous – les animaux à sang chaud, mammifères et oiseaux –, les cellules du système immunitaire inné détectent les motifs moléculaires associés aux pathogènes dès l’infection : s’ensuit une cascade qui atteint le cerveau, où les neurones thermorégulateurs de l’hypothalamus induisent l’augmentation de la température corporelle centrale. “Une conservation aussi profonde dans l’évolution est peu susceptible de persister en l’absence d’une pression sélective soutenue. La fièvre confère un avantage de survie. Elle ne peut plus être considérée comme un symptôme, mais plutôt comme une réponse adaptative à l’infection”, affirme l’immunologue Daniel Barreda, à l’université de l’Alberta.