Voici la géothermie 2.0
L'idée : injecter de l’eau dans le sol, jusqu'à 4 000 m de profondeur, pour capter la chaleur et disposer d'une source d'énergie potentiellement infinie. Cela paraît fou, mais ça commence à marcher : 2 milliards de dollars investis en 2025, 30 start-up actives, 15 projets en cours...
La géothermie est une goutte d’eau : comparée à l’éolien et au solaire, elle fournissait à peine plus de 1 % de l’électricité d’origine renouvelable en 2023. Mais le vent tourne. Un vent d’enthousiasme venu des États-Unis où des start-up s’activent autour d’une nouvelle forme de géothermie dite stimulée, connue sous l’acronyme EGS, pour Enhanced Geothermal Systems. “Il y a un élan extraordinaire”, constate John McLennan, professeur d’ingénierie civile à l’université de l’Utah, qui travaille au laboratoire du département de l’énergie des États-Unis chargé de développer cette voie.
Cette géothermie 2.0 est différente de celle pratiquée depuis plus d’un siècle, celle qui chauffe les bâtiments avec une eau à 10 °C puisée à moins de 200 m, ou à 70 °C puisée à plus de 1 500 m, comme dans le Bassin parisien. Ici, plus besoin de réservoir d’eau naturel dans le sous-sol. Une seule chose compte : la température souterraine. Il n’y a pas de réservoir ? Pas de problème : on en crée un en écartant des fissures existantes par stimulation ou on en fabrique de nouvelles par fracturation, des techniques venues de l’industrie pétrolière et gazière. Il n’y a pas d’eau dans le sous-sol ? Pas grave non plus : on l’injecte depuis la surface pour qu’elle se réchauffe au contact de la roche avant de la remonter.
“Drill, baby, drill !” Le slogan extractiviste de Donald Trump se retrouve d’un coup au service d’une énergie renouvelable, non-intermittente, sans émission de gaz à effet de serre et déployable partout ! “Son potentiel théorique est quasi infini”, soutient Olivier Zingg, en charge d’un projet en Suisse…