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Sang artificiel: enfin!
Oui, après des décennies de recherche, il est désormais possible de fabriquer du sang en laboratoire. Deux technos viennent de passer des premiers tests prometteurs.
Pendant des décennies, le sang nous a résisté. Impossible de le dupliquer, de le mimer, de le cultiver ou de le recréer efficacement. Sa composition est pourtant bien connue. Il s’agit d’un mélange de plasma et de cellules : les plaquettes, essentielles à la coagulation ; les globules blancs, qui combattent les infections ; les globules rouges, qui transportent l’oxygène. Et nul besoin de reproduire toute cette complexité. “L’immense majorité des transfusions sont réalisées pour amener des globules rouges et assurer l’oxygénation des organes après une perte importante de sang”, pose Wassim El Nemer, directeur scientifique à l’Établissement français du sang (EFS). Depuis le début, l’objectif est donc de créer en laboratoire cette petite cellule rouge – ou un équivalent capable d’acheminer l’oxygène à travers l’organisme. Or, pour le spécialiste, les derniers obstacles sont aujourd’hui plus économiques que technologiques : “Nous avons enfin la capacité de produire en quantité des globules rouges de qualité et les alternatives synthétiques semblent très prometteuses.”
Inutile de dire que l’enjeu est de taille. “Il n’y a jamais assez de sang, martèle Wassim El Nemer. Chaque année, on manque de donneurs et même si nos stocks sont bons à un moment donné, le sang ne se conserve que 42 jours.” Des pénuries mettent régulièrement le système en tension. Dernier exemple en janvier 2026, des deux côtés de l’Atlantique : en France, l’EFS alertait sur un manque d’environ 2 000 unités de sang de trois groupes sanguins différents, et aux États-Unis, la Croix-Rouge faisait état d’une grave pénurie après une chute des réserves nationales d’environ 35 %. Sans compter les difficultés à combler les besoins dans les zones de conflit ou dans les pays à faibles revenus…