le casse-tête de la course à pied dans epsiloon 63 le magazine scientifique d'actualité@SHUTTERSTOCK

Le casse-tête de la course à pied

Un article à retrouver dans Epsiloon n°63

Le running a le vent en poupe : 13,2 millions de Français s’y adonnent. Effets sur la santé mentale et physique, impact environnemental, business des grandes marques et puissance des réseaux sociaux… Le diable se cache parfois dans les excès.

par Séverine Fontaine,

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Premier constat : 1 Français sur 5 court, c’est 2 fois plus qu’il y a 10 ans. On assiste à un pic depuis le Covid, avec 13,4 millions de Français qui déclaraient courir en 2021, contre 11,8 millions en 2019. 1,6 million s’y sont mis pendant la pandémie. Et notamment de plus en plus de femmes. Elles représentaient 63 % des nouveaux pratiquants en 2025. Et on comptait 33 % de participantes au marathon de Paris en 2026, contre 26 % en 2023. Même si 92 % des femmes de 9 pays sondées en 2023 se déclarent préoccupées par leur sécurité pendant leur jogging.

Courir apporte des bienfaits pour la santé. En premier lieu, une baisse de 23 % du risque de mortalité, contre -21 % pour le cyclisme. Il existe une pratique optimale : il faudrait courir à 8 km/h moins de 4 h par semaine. C’est là que l’effet est le plus franc. Au-delà, il s’annule.

Sachant que pour le cœur, le jogging fait moins bien que la natation. Même si la course réduit la mortalité liée aux troubles cardiovasculaires, la natation favorise davantage la croissance des cellules, la formation de nouveaux vaisseaux et la régulation des réponses au stress oxydatif grâce à une plus grande modulation des microARN.

Et moins bien que le foot pour le métabolisme, la masse corporelle, la densité minérale osseuse, la limitation de masse grasse, du cholestérol…

Mais courir n’est pas sans risque : 19 % des coureurs de trail souffrent de blessures chroniques. Et après un marathon, des changements dans les biomarqueurs indiquent des événements pathologiques des organes (reins, foie, cerveau, cœur…) jusqu’à 3 semaines plus tard.

Reste que courir apporte un bien-être profond. Avec un état euphorique éphémère pendant et après la course, enclenché par le système endocannabinoïde. Voire un sentiment d’ivresse. Et cela aide à réguler ses émotions. La course augmente la sécrétion de dopamine, ce qui améliore la résistance au stress ; les niveaux d’endorphine, qui induisent le plaisir ; et les cannabinoïdes, contre l’anxiété.

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