
Bienvenue sur la face cachée de la Lune
Nous y voilà. Les échantillons rapportés par la mission Chang’e 6 en 2024 commencent à parler, et à décrire l’endroit le plus fantastique de notre Système solaire.
Atterrissage près du pôle Sud, dans un cratère d’impact immense, sur une surface relativement lisse – contraintes mécaniques obligent. Guidé par des relais de communication en orbite, le robot de la mission chinoise Chang’e 6 s’est posé en douceur le 1er juin 2024. Sa pelle et sa perceuse ont gratté le sol, prélevant précisément 1935,3 grammes de matière. Trois jours plus tard, le module ascenseur les a ramenés en orbite lunaire, enfermés dans une capsule, laquelle a atterri en parachute le 25 juin dans le désert de la Mongolie intérieure, un peu après 14 h. Les précieux grains de sable lunaires ont ensuite été envoyés dans tous les laboratoires chinois, et aujourd’hui, ça y est, leur analyse commence à être publiée.
Du côté obscur
Voici donc la première analyse palpable de la face cachée de la Lune, la première description matérielle de l’endroit le plus mystérieux du ciel, celui qui nous échappe le plus effrontément, du simple fait que la Lune tourne aussi vite sur elle-même qu’autour de la Terre. Jusque-là, nous n’avions que des images. À commencer par les clichés brouillés captés en 1959 par la sonde soviétique Luna 3, première vision du côté obscur. “La face cachée de la Lune, parsemée de cratères froids et de déserts arides, paraît plus monotone. On y trouve probablement de nombreux pics, fosses et trous, mais moins de vastes “mers” lunaires arides comme celles qui forment l’image de ‘l’homme sur la Lune’”, décrivaient les journalistes du magazine Life en publiant les images.