
“L'activité physique n'augmente pas la longévité”
Course à pied, vélo, jardinage… Pratiquer une activité physique de loisir permettrait de vivre plus longtemps et en meilleure santé, une idée bien ancrée dans les esprits. Sauf que pour la chercheuse Elina Sillanpää, la relation entre sport et longévité est biaisée.
Epsiloon : Les bienfaits de l’activité physique de loisir sur la longévité ne sont pas aussi évidents qu’on le pense ?
Elina Sillanpää : C’est en tout cas ce que montrent nos recherches. Il s’agit plutôt d’un “biais des sportifs en bonne santé”. Autrement dit, c’est parce que les personnes sont en meilleure santé qu’elles sont plus susceptibles de pratiquer une activité physique et aussi moins susceptibles de mourir ! Mais l’inverse n’est pas vrai, ou en tout cas pas vraiment démontré.
E. : De nombreuses études font pourtant état d’un risque de mortalité plus faible associé à l’activité physique…
E.S. : Bon nombre de ces études ont des périodes de suivi relativement courtes, ce qui augmente le risque de causalité inverse : il est difficile à partir de là de déterminer si l’activité physique elle-même est le facteur protecteur. En outre, ces études abordent rarement la question des facteurs confondants, comme l’état de santé général, la génétique ou d’autres habitudes de vie non mesurées. Or, ils peuvent expliquer ce lien.