
La première source de hasard garantie
Voici une machine qui, toutes les 60 secondes, génère un nombre de 512 bits fondamentalement aléatoire, et vérifiable. Une prouesse technique, offerte par la physique quantique. Et un service public, qui garantit un tirage au sort équitable.
Étape 1 : dans l’un des laboratoires du temple mondial de la métrologie, le NIST, à Boulder, aux états-Unis, des couples de particules de lumière sont créés puis dispersés à 100 mètres de distance avec des fibres optiques. Étape 2 : l’empreinte de chacun de ces photons est transférée de l’autre côté de la ville, sur le campus de l’université du Colorado, où elle est analysée et transformée en une série de 0 et 1. Étape 3 : une autre suite de bits est injectée, pour convertir les données et extraire leur caractère aléatoire. Ces trois étapes sont ensuite répétées à l’identique, en mode automatique, toutes les soixante secondes. 3Au cours des 40 premiers jours de fonctionnement, nous avons complété le protocole 7 434 fois sur 7 454 tentatives, soit un taux de réussite de 99,7 %. Chaque fois que le protocole réussissait, la balise émettait une impulsion de 512 bits d’aléas traçables. Les bits sont certifiés uniformes”, se félicite Krister Shalm, l’un des physiciens qui a mené l’expérience. En clair, voici la première machine à produire du hasard garanti, le premier dispositif capable de créer des suites de chiffres assurément aléatoires. Plus clair encore : nous sommes en présence d’un nouveau service public, totalement libre, fiable, transparent, accessible, gratuit…