dossier les grands mystères de la terre dans le hors-série n°19 d'epsiloon, le magazine scientifique d'actualité@SHUTTERSTOCK

Les grands mystères de la Terre

Un article à retrouver dans Hors-Série Epsiloon n°19

C’est notre berceau, notre ligne d’horizon… Et pourtant son noyau, son accélération, son magnétisme, mais aussi son eau, sa tectonique et même ses glaciers résistent aux scientifiques. Notre planète reste un objet de recherche frénétique.

par la rédaction,

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Les regards sont braqués vers deux gigantesques glaciers : Thwaites et Pine Island. Et pour cause, ils fondent à une vitesse alarmante et pourraient faire monter le niveau des océans de 1 à 3 m. “La fonte dans cette région est beaucoup plus rapide que sur le reste du continent antarctique, et elle évolue beaucoup plus vite que prévu car certains processus physiques qui alimentent le dégel restent incompris”, atteste Won Sang Lee, de l’Institut coréen de recherche polaire. Pour comprendre pourquoi il a dirigé une mission d’ampleur sur Thwaites au début de cette année. “Notre hypothèse est que l’eau qui s’engouffre sous ces glaciers est plus chaude qu’ailleurs. L’objectif était donc de la surveiller en installant des capteurs sous la glace.” Mais les conditions climatiques ont empêché l’équipe de mener à bien sa mission. Elle a pourtant réussi à faire des mesures ponctuelles : entre 1,1 et 1,3 °C. “C’est suffisamment chaud pour dégeler le glacier par en dessous”, conclut le chercheur. Et la topographie n’aide pas : le glacier repose sur un socle rocheux situé sous le niveau de la mer, incliné vers l’intérieur du continent ; l’eau s’y engouffre donc facilement et peut y circuler. 

Toute la question maintenant est de savoir à quel point cela peut accélérer la fonte, et quels sont les processus physiques impliqués. D’autant que s’ajoutent à l’eau trop chaude les séismes, les tempêtes sous-marines et les vagues, intensifiées par le réchauffement. Avec la crainte du point de bascule qui accélérerait le dégel. Quand ? Le mystère reste entier. 

“Nous manquons cruellement de données et de mesures directes pour affiner nos modèles de prédictions. Mais la réalité, c’est que chaque nouvelle donnée récoltée est plus inquiétante que la précédente”, souffle Won Sang Lee. Les dernières modélisations du spécialiste de la calotte glaciaire Tim van den Akker, à l’université de Stockholm, viennent d’ailleurs de conclure cruellement : “La fonte de Thwaites et Pine Island se poursuivra même si nous stoppons net nos émissions de CO2, car l’océan va continuer d’accumuler de la chaleur et de se réchauffer pendant plus de cent ans.”

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