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Bientôt un vaccin anticocaïne !
L’idée paraît folle. Et pourtant, deux vaccins viennent de passer les premiers essais avec succès : ils pourraient immuniser contre les effets de la cocaïne. Une piste prometteuse face à un fléau en plein expansion, surtout en France…
La piste que suivent depuis plus de trente ans une poignée d’équipes obstinées est longue et escarpée : la recherche d’un vaccin contre la drogue, capable d’immuniser contre ses effets. Sous ses allures d’élixir miraculeux – et moyennement crédible – se cache en fait un concept simple : déclencher la fabrication d’anticorps, comme n’importe quel vaccin, sauf qu’ici, ils ne neutralisent pas la bactérie du tétanos ou le virus de la rougeole, mais la molécule de cocaïne. Et ce, avant qu’elle n’atteigne le cerveau, pour l’empêcher d’allumer le feu d’artifice de plaisir, d’émotions et de motivation dont elle a le secret, et auquel il est si difficile de renoncer quand on est tombé dans la dépendance.
Aujourd’hui, aucun médicament n’est disponible pour aider à s’extirper de cette addiction. Pire : on prescrit parfois à tort des antidépresseurs inefficaces ou des neuroleptiques qui peuvent aggraver la situation. Sachant que 10 à 25 % des personnes qui consomment de la cocaïne finissent par développer un “trouble de l’usage”. “Les conséquences sont d’autant plus lourdes que l’usage est fréquent : anxiété et dépression, rétrécissement des artères et autres complications cardiovasculaires, lésions ORL parfois irréversibles, atteintes rénales, sans compter les comportements à risque et les maladies infectieuses dues au partage de matériel”, liste l’addictologue Hélène Donnadieu, cheffe de service au CHU et professeure à l’université de Montpellier. Et même si plusieurs traitements d’aide au sevrage sont à l’étude, aucun ne présente à ce jour une balance bénéfices-risques favorable.