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Faut-il abattre les vieux arbres?
Oui, la question est choquante. Pourtant, les résultats sont là. Nés sous d’autres climats, les vieux arbres sont non seulement incapables de s’adapter au réchauffement, mais ils retarderaient l’évolution nécessaire de toute la forêt autour d’eux. Alors, place aux jeunes ?
L’interrogation sonne comme un sacrilège. “Ils sont des hotspots de biodiversité”, défend l’écologue forestier Michel Vennetier, de l’IRSTEA, l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture. “Ces gros arbres regorgent de microhabitats pour insectes ou oiseaux”, abonde son confrère Georges Kunstler, de l’INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Ils contribuent aussi au développement de la flore microbienne des sols et leurs larges houppiers conservent l’humidité et rafraîchissent l’air du sous-bois. Mais les temps ont changé. “Ces arbres ont poussé à des époques plus fraîches, plus humides et sans sécheresses. En conséquence, leur partie aérienne est bien plus développée que leur système racinaire, note Michel Vennetier. Le dépérissement des hêtres, aussi bien dans le nord que dans le sud de la France, est en grande partie lié à cette inadaptation de leur architecture.” Même si l’augmentation de la température – liée à celle des émissions de CO2 – favorise la croissance des arbres, la hausse récente des événements extrêmes, notamment des sécheresses, leur est fatale. “La mortalité a augmenté de 150 % en vingt ans et la productivité des forêts diminue”, déplore le chercheur.