illustration série Star Trek dans le magazine scientifique d'actualité epsiloon n°61@PARAMOUNT PLUS

Star Trek, une technoscience humaniste

Un article à retrouver dans Epsiloon n°61

La quatrième saison de la onzième série sort : cela fait 60 ans que Star Trek voyage inlassablement “vers les frontières de l’infini”. Son choix de la diversité, de l’optimisme, de la nuance en a fait une œuvre culte.

par Émilie Rauscher,

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Il est de bon ton, en France, de se moquer des équipages qui s’aventurent dans l’espace en pyjama ; dans le monde anglo-saxon, c’est une institution.Star Trek est le parfait exemple d’un monde de fiction en constante expansion et densification, qui se distingue par sa durée et sa diversité, analyse Elaine Després, professeure d’études littéraires de l’université du Québec, à Montréal. Après la série originale, chaque génération a eu ‘son’ Star Trek : les X, The Next Generation et Deep Space Nine, les Y, Voyager, les Z, Discovery et Lower Decks, etc. Peu d’autres franchises ont réussi ce coup de maître. À l’occasion des 60 ans de cet univers décliné en séries et en films, en jeux et en romans, la chercheure va explorer cette richesse narrative lors d’un colloque qu’elle coorganise en septembre, à Paris.

Sa longévité ne tient pas à la qualité des costumes et des maquillages : au-delà du sex-appeal des oreilles de M. Spock, Star Trek est surtout une ode à l’humanité. “Aux États-Unis, la série est arrivée au milieu de la guerre froide et de la course à la Lune avec les Soviétiques, mais aussi en pleine lutte pour les droits civiques”, rappelle Elaine Després. 

Sur la passerelle de l’USS Enterprise NCC-1701, lancé en 1966, se côtoient avec le plus grand naturel un Russe et un Japonais à la navigation et au pilotage, tandis qu’une femme noire est responsable des communications – sans parler du métis Vulcain. “Gene Roddenberry a créé une série singulière où l’humanité pouvait s’imaginer devenir meilleure. Une humanité qui aurait dépassé son adolescence technologique et aboli les préjugés qui la minent. Cet optimisme rare lui a donné un statut à part dans la culture. Star Trek, c’est la volonté d’aller plus loin ensemble, à la découverte de l’autre, dans le respect. L’idéal (pas toujours respecté) de Starfleet est de découvrir, pas de conquérir – la Directive Première interdit d’ailleurs de perturber le développement des espèces rencontrées. Et si l’anthropocentrisme n’est jamais loin, la franchise n’hésite pas à critiquer ses propres a priori et les travers de son espèce phare : elle est utopiste, pas naïve.

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