@MARCIAL QUIRAGO-CARMONA
Le secret de la petite souris des hauts sommets
C’est un record ! À 6 739 m d’altitude, dans la cordillère des Andes, là où toute vie animale est réputée impossible, les chercheurs sont tombés sur Phyllotis vaccarum, une petite souris qui défie les lois de la biologie.
Epsiloon vit grâce à ses lecteurs: abonnez-vous au magazine pour soutenir un journalisme scientifique indépendant.
Un air glacé balaye les paysages désertiques de la Puna d’Atacama, dans la cordillère des Andes. Reliefs à la terre ocre et aride percés de pointes rocailleuses, prairies faméliques aux broussailles desséchées écrasées par d’imposants volcans enneigés qui s’élèvent jusqu’à près de 7 000 mètres d’altitude… Un décor a priori hostile à toute forme de vie animale. “Cet environnement de haute altitude est considéré comme l’analogue terrestre le plus proche de la surface de Mars”, glisse Graham Scott, de l’université canadienne McMaster. Pourtant, le biologiste fait partie de l’équipe qui a publié en juillet dernier l’étude la plus complète sur Phyllotis vaccarum, le grand maître de ces lieux. Et il n’a rien de l’extraterrestre ou du monstre des légendes andines auquel on aurait pu s’attendre.
“Sur le plan morphologique, l’espèce peut ne pas paraître particulièrement remarquable, ce n’est qu’une petite souris”, s’amuse le biologiste Marcial Quiroga-Carmona, de l’université du Nebraska. “J’adore le fait que ce ne soit rien d’extraordinaire, juste un petit rongeur. Il y a quelque chose de fascinant dans l’idée qu’une créature d’apparence si commune ait réussi à coloniser un environnement que la plupart des mammifères trouveraient trop éprouvant sur le plan physiologique. Cela semble presque légendaire, mais c’est une histoire bien réelle qui se déroule au sommet des montagnes”, admire Allie Graham, spécialiste de la biologie intégrative à l’université du Kansas.