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Pollution de l’air: quels effets sur la santé

Un article à retrouver dans Epsiloon n°64

Alors que les zones à faibles émissions sont sur la sellette en France, une étude londonienne vient de démontrer clairement les bénéfices de la baisse de la pollution de l’air sur les poumons. Nous faisons le point sur les données scientifiques avec les spécialistes. 

par Héloïse Rambert,

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Chris Griffith a vu les choses en grand. Quand, en 2019, la mairie de Londres met en place les ULEZ, des zones à très faibles émissions les plus vastes et les plus ambitieuses au monde, restreignant la circulation des véhicules individuels, le chercheur en médecine et ses équipes lancent immédiatement une cohorte. Ils recrutent 3 500 écoliers entre 6 et 9 ans, dont la moitié vivent dans le centre-ville, et l’autre à Luton, à 60 km au nord de Londres, où les polluants routiers sont du même type, mais où aucune zone à faibles émissions ne s’applique. Et alors que dans l’air de la capitale les taux d’oxydes d’azote et, dans une moindre mesure, de particules fines diminuent nettement, les chercheurs évaluent la santé et le développement pulmonaires des deux groupes. Les résultats viennent d’être publiés. Ils “impressionnent” leur coauteur Chris Griffith : “La croissance des poumons des enfants de Londres s’est accélérée. Et après cinq ans, leur taille avait rattrapé celle des autres. La proportion d’enfants présentant une fonction pulmonaire cliniquement altérée est passée de 14 à 9 % à Londres, contre une baisse de 9 à 7 % à Luton.”

De quoi respirer un peu. “Avoir des poumons de petite taille constitue un facteur de risque important pour l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive, voire le diabète, et même de mort précoce à l’âge adulte”, rappelle le chercheur anglais. Pour les épidémiologistes, la démonstration est puissante. “Cette étude, qui a profité de la mise en place de la ZFE londonienne pour l’évaluer comme une expérience naturelle, est particulièrement éloquente sur le gain de santé que l’on peut obtenir à très court terme en luttant efficacement contre la pollution”, souligne Kévin Jean, épidémiologiste au département de biologie de l’école normale supérieure.

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