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L’autre pouvoir des vaccins
Le vaccin contre la grippe protège d’AlzheimerC ! Celui contre le zona protège des AVC ! Les résultats fracassants s'accumulent qui montrent des effets des vaccins au-delà de leur cible principale. Et contre des pathologies majeures.
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Les résultats sont fracassants. En avril dernier, une équipe de l’École de médecine de Houston, au Texas, mesurait une réduction nette du risque de démence dans une cohorte de 165 000 Américains de plus de 65 ans à la suite du vaccin antigrippal à haute dose. Fin août, une équipe de l’université d’Oxford observait une baisse nette de l’incidence de maladies cardiovasculaires après le vaccin contre le zona dans un groupe de 36 000 personnes. “Ces résultats sont robustes : non seulement nous disposons d’une énorme puissance statistique, mais nous avons aussi poussé au maximum la fiabilité des analyses en écartant les facteurs confondants”, insiste le psychiatre Maxime Taquet, à la tête des travaux à Oxford.
22 virus dans le viseur
Cela résonne avec le fantasme totalement infondé d’un lien entre vaccination et autisme. Oui, les effets des vaccins vont vraisemblablement bien au-delà de leur cible principale. Oui, ils affectent le cerveau. Mais c’est un effet protecteur ! Et ce, sur des pathologies majeures : démence, maladies cardiovasculaires.
Bien sûr, il faut prendre des précautions. Pour établir avec certitude ce retentissement profond et prolongé des vaccins, il faudra attendre les résultats de véritables essais randomisés. Deux sont déjà lancés avec le vaccin contre le zona, l’un au Danemark sur 165 000 personnes, l’autre en Finlande sur 35 000 participants – réponse dans deux ou trois ans. Mais déjà la révélation est solide. Les chercheurs ont pris soin de contourner l’écueil principal de tout essai de ce type : le “biais du vacciné sain”, dû au fait que ceux qui recourent à la vaccination sont en moyenne plus aisés et en meilleure santé. Plutôt que de comparer simplement un groupe vacciné à un groupe qui ne l’est pas, ils ont profité de deux changements récents dans le calendrier vaccinal américain. En octobre 2017, un vaccin contre le zona issu d’une recombinaison génétique a remplacé le précédent, nettement moins efficace (en France, le changement est intervenu fin 2024). Même chose pour l’injection antigrippale : depuis 2022, on recommande aux personnes âgées des vaccins plus puissants, dont ceux à haute dose qu’une équipe texane a comparés aux précédents. Ces deux populations ont permis d’isoler l’effet : plus les patients sont protégés par la vaccination, moins ils sont touchés par Alzheimer pour l’un, et par les maladies cardiovasculaires pour l’autre. On parle d’expérience naturelle. “L’étude est construite de telle sorte qu’elle simule un essai randomisé”, affirme Avi Bukhbinder, neurologue pédiatrique, auteur principal de ces travaux. Et d’autres études moins affûtées, comparant vaccinés et non vaccinés, appuient ces conclusions. En juin, une revue confirme chez les patients à risque une baisse de 38 % de la mortalité cardiovasculaire. En février, le suivi sur 3 ans des personnes vaccinées ou non contre le zona mesure une baisse de 51 % du risque de démence…