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Risque sismique : la fin du déni
En 2019 et 2023, deux secousses ont alerté les géophysiciens. Dont une tout près d’une centrale nucléaire. Non, la France n’est pas si calme. Surtout, elle n’est pas prête à affronter un séisme de grande ampleur.
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C’est un résultat scientifique qui intrigue, et puis, après réflexion… qui inquiète. Publiée cet été, l’étude en question révèle des traces d’un fort séisme préhistorique survenu près de la ville de Beauvais. “L’ampleur de la rupture évoque un événement d’une magnitude de plus de 5,5, sur une faille qui n’était jusqu’ici pas considérée comme active”, annonce Stéphane Baize, spécialiste de l’aléa sismique à l’ASNR, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, qui a participé à cette découverte. Avouez qu’il y a de quoi trembler – au moins un peu – à l’idée que cette région considérée jusqu’à présent comme très stable, quasiment asismique, puisse être le siège d’un tremblement de terre destructeur. “C’est vrai, cette découverte remet en question notre perception du risque sismique dans le Bassin parisien, il va falloir poursuivre les investigations le long de cette faille, et peut-être réévaluer le niveau d’aléa dans cette zone industrialisée et densément peuplée”, poursuit Stéphane Baize.
Bien sûr, il faut relativiser : la France métropolitaine n’est pas du tout la Californie, le Chili, le Japon, la Turquie, ni même l’Italie ou la Grèce ; notre pays se trouve à bonne distance de la confrontation entre les plaques tectoniques africaine et eurasiatique et, dans l’Hexagone, personne a priori ne s’inquiète outre mesure de perdre sa maison ou ses proches dans un séisme.
Pour autant, depuis quelques années, les sismologues français prennent ce risque au sérieux. Plus précisément, depuis le 11 novembre 2019, et la secousse de magnitude 4,9 qui ébranla notamment la petite commune du Teil, en Ardèche. “Je me suis rendu rapidement sur place, les dégâts étaient impressionnants, semblables à une magnitude 6 en Iran, souffle Jean-François Ritz au laboratoire Géosciences Montpellier. Nous avons repéré une cassure en surface, jusqu’à 15 cm de décalage vertical, je n’avais encore jamais vu ça en France !” Encore plus choquant : cette catastrophe naturelle s’est déroulée à moins de 15 km de la centrale nucléaire de Cruas, et 30 km environ de celle du Tricastin… À la grande surprise d’EDF, dont les ingénieurs avaient scrupuleusement recherché dans les archives les séismes historiques les plus dramatiques de la région au cours des derniers siècles, et surveillaient depuis des décennies la sismicité de ce système de failles des Cévennes sans rien avoir vu d’inquiétant.