@@SUNMYON CHON, TAKAAKI TAKEDA, 4D2U PROJECT, NAOJ
Le casse-tête des petits points rouges
Le télescope James-Webb en découvre partout ! Et ces astres étranges contredisent tous les standards. Des étoiles froides hyper-dilatées ? Des trous noirs supermassifs entourés de gaz ? C’est le sujet le plus passionnant de l’astrophysique actuelle.
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Dans chaque image de l’Univers profond qu’envoie le JWST, le télescope spatial James-Webb, depuis quatre ans, ils sont là. Des petits points rouges de quelques pixels. Beaucoup trop petits. Et beaucoup trop rouges. “Ils violent simultanément tous les modèles standard, pose Fabio Pacucci, du Centre pour l’astrophysique Harvard & Smithsonian, à Cambridge, aux États-Unis. Ils sont trop compacts pour être des galaxies, trop avares de rayons X pour être des trous noirs supermassifs, trop lumineux pour être des amas d’étoiles, et trop uniformes en couleur pour être un mélange d’objets aléatoire. En astronomie, un objet devient intéressant lorsqu’il remet en question une hypothèse ; les petits points rouges en brisent quatre à la fois.”
Des galaxies impossibles
Partout dans la communauté mondiale des astrophysiciens, c’est la même frénésie, la même envie de résoudre cette nouvelle énigme. “Beaucoup de problèmes me passionnent en astrophysique, mais les petits points rouges sont assurément en haut de la liste”, témoigne Mitchell Begelman, astrophysicien à l’université du Colorado. “C’est le sujet le plus passionnant de l’astrophysique aujourd’hui, à 110 %, acquiesce Rohan Naidu, à l’université d’Hawaï. Ce que j’adore avec les petits points rouges, c’est qu’ils font intervenir presque tous les domaines de l’astrophysique : la science des étoiles massives, des trous noirs, des amas d’étoiles… On est même en train de se rendre compte qu’ils pourraient être utiles à la cosmologie, ils sont tellement lumineux et faciles à détecter à très grande distance qu’on pourrait les utiliser pour mesurer l’échelle de l’Univers ! Chaque jour, au moins un article scientifique sur les petits points rouges est mis en ligne.
Et la tendance s’accélère : “Rien que dans la première moitié de 2026, il y a eu 300 articles écrits à leur sujet, décompte Fabio Pacucci. Je ne connais aucune autre population de sources astronomiques non résolues ayant généré autant de théorie par pixel.”