photo d'illustration de plantes poussant dans l'espace@FIREFLY - GETTY IMAGES

Le concours de l’extrême survivor spatial

Un article à retrouver dans Epsiloon n°62

L’agenda spatial accélère, et les biologistes aussi, multipliant les expériences sur des mousses, des levures, des champignons. Objectif, trouver la plante idéale, celle capable de résister au vide, aux radiations, et de nous nourrir dans l’espace.

par Simon Devos,

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Ce n’est pas de la torture pour le plaisir. “Nous cherchons avant tout à déterminer les mécanismes qui permettent à certains organismes de survivre aux nombreux défis que présentent l’espace et la surface des autres astres”, se défend le biochimiste Rajyaguru Purusharth, de l’Institut indien de la science, à Bangalore. Car loin de notre havre terrestre, les menaces sont plurielles. Gravité plus faible, voire inexistante. Atmosphère absente, peu dense ou non circulante. Composés toxiques pour la vie – comme les perchlorates, présents en grande quantité dans les sols martiens. Rayonnements ionisants ou ultraviolets que l’on sait capables de traverser jusqu’à la membrane des cellules vivantes pour les attaquer de l’intérieur. Or, pour chacun de ces obstacles, les plantes, les champignons, les bactéries semblent trouver une parade, un moyen de résister.

“Les études sont publiées tous azimuts, nous avons même du mal à suivre toutes les actualités du secteur !”, témoigne Robert Ferl, de l’université de Floride. “Plus qu’un simple coup d’accélérateur dans les recherches, c’est un véritable changement de paradigme que nous vivons”, renchérit Lucie Poulet, de l’université Clermont-Auvergne. “Le contexte actuel, avec les missions Artemis vers la Lune et la perspective à moyen terme de l’installation d’une base lunaire habitée, a déclenché une multiplication de ces études”, explique Eugénie Carnero-Diaz, du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris. La survie des plantes dans l’espace n’est pas un sujet scientifique nouveau en soi. Dès 1946, des graines de maïs, de riz et de coton avaient été envoyées en vol suborbital dans des fusées V2, et plantées une fois revenues – l’objectif étant de comprendre l’effet des radiations sur leur survie et leur capacité à germer. Mais dans les décennies qui ont suivi, les recherches ont continué au compte-gouttes, avec souvent un objectif théorique de compréhension des limites du vivant. “Aujourd’hui, on réalise que les plantes ou les champignons seront non seulement utiles, mais aussi nécessaires à des séjours de longue durée loin de notre planète”, souligne Eugénie Carnero-Diaz. 

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