illustration de l'analyse sur l'efficacité du cannabis médical@NOÉLIA DE ALDA

Le cannabis médical est-il vraiment efficace ?

Un article à retrouver dans Epsiloon n°62

Cinq ans après le début de l’expérimentation française, le calendrier de l'autorisation du cannabis à usage thérapeutique est défini : les autorités visent une généralisation d’ici à 2027. Les effets de ce traitement font-ils consensus ? Nous avons posé la question aux spécialistes.

par Louane Velten,

Epsiloon vit grâce à ses lecteurs : abonnez-vous au magazine pour soutenir un journalisme scientifique indépendant.

“Nous arrivons au bout d’un long processus”, se réjouit Nicolas Authier, psychiatre et pharmacologue, président du comité scientifique de l’ANSM, l’Agence nationale de la sécurité du médicament, pour l’usage thérapeutique du cannabis. Depuis février, le ministère de la Santé et les acteurs du secteur du cannabis planchent sur deux projets de décret qui sont sur le point d’être présentés au Conseil d’État. L’un permettra à l’ANSM d’autoriser la prescription de médicaments à base de substances cannabinoïdes sous forme d’huiles. L’autre ouvrira le débat au niveau de la HAS, la Haute Autorité de santé, sur l’encadrement des prix et surtout sur le remboursement de ces médicaments.

L’ANSM a retenu cinq indications : douleurs neuropathiques réfractaires, spasticité douloureuse (raideurs et contractures musculaires liées à la sclérose en plaques), épilepsies réfractaires et pharmacorésistantes, situations palliatives et symptômes rebelles en oncologie. Au total, 3 164 patients en impasse thérapeutique ont été suivis pendant trois ans ; quelques dizaines continuent à en bénéficier dans l’attente d’une autorisation.

L’objectif n’était pas de juger de l’efficacité du cannabis médical, mais d’évaluer la réponse du système de soins, la formation des médecins et des pharmaciens. Elle a néanmoins fait l’objet de plusieurs études. Et le verdict est positif, même si ça paraît peu: 25 à 30 % des patients ont vu un effet significatif sur leurs douleurs ; après trois à six mois de traitement, plus aucun ne décrivait de douleurs insupportables, et une petite partie d’entre eux a pu diminuer sa consommation d’antalgiques. “Ce niveau d’efficacité est relativement faible, mais il reste intéressant dans des cas d’impasse thérapeutique, quand rien d’autre ne fonctionne. Offrir cette nouvelle classe de médicaments relève d’une dimension éthique, compassionnelle, même s’ils ne sont efficaces ‘que‘ sur un tiers des patients”, estime Nicolas Authier…

La suite de cet article est disponible dans la liseuse
Un article à retrouver dans Epsiloon n°62
Découvrir le numéro
Acheter ce numéro
Abonnez-vous et ne manquez aucun numéro
Chaque mois,dans votre boîte aux lettres
Toutes les archives,accessibles en ligne
La version numérique,avec l'appli Epsiloon
Un espace abonné,pour gérer mon compte